Pourquoi Couleurs Haïti ?


L’histoire de Bordeaux a souvent croisé celle d’Haïti, connue initialement sous le nom de Province de Saint Domingue. La famille de Toussaint Louverture est par la suite passée par Bordeaux et s’est fixée en Aquitaine (Voir, ci-dessous "Un peu d'histoire"). L’actualité nous rappelle régulièrement les évènements politiques, climatiques ou sanitaires qui affectent ce pays. Mais au-delà des difficultés multiples qui jalonnent son histoire, il faut savoir qu’Haïti est un lieu de création artistique et culturelle unique dans la Caraïbe et sur le continent américain dans tous les domaines (littérature, musique, danse, peinture, sculpture…).

Nous avons souhaité ouvrir un espace qui permette de donner une ouverture sur les arts plastiques et donnent ainsi l’occasion à des artistes haïtiens de se faire connaitre et apprécier. La peinture haïtienne, reconnue par André Breton et plus tard par André Malraux, a un caractère tout à fait original qu’elle soit naïve ou inspirée par la spiritualité du culte vaudou. Beaucoup des artistes peintres que nous présentons ont participé à l’exposition temporaire "Peintures haïtiennes d’inspiration vaudou" organisée par le Musée d’Aquitaine de mai à novembre 2007.

Il existe ainsi des liens historiques forts entre Haïti et Bordeaux et c’est bien en plein centre de Bordeaux que s’est ouverte tout récemment la galerie d’art "Couleurs Haïti" qui propose au public bordelais un panorama de la peinture et des peintres haïtiens. Ce lieu se veut une vitrine de la culture haïtienne en France et permet un voyage entre les œuvres d’artistes disparus (Préfète Dufaut, Calixte Henry, Louisiane Saint Fleurant ou Ernst Louizor) et celles de peintres actuels (Maxan Jean Louis, Levoy Exil, Payas, Pierre Louis Riché, Reynald Joseph, PP Constant, Fortuné Gérard ou Nicolas Dreux).

C’est avec plaisir que ce nouvel espace vous accueillera sur le site ainsi qu’au numéro 22 de la rue Bouffard à Bordeaux (France).Galerie

Nous sommes convaincus qu’ils permettront de favoriser et développer les échanges entre Bordeaux et Haïti et qu’ils seront, pour des peintres au talent émergent ou reconnu, une opportunité d’élargir leur public, contribuant ainsi à un développement du pays qui ne repose pas uniquement sur la solidarité ou l’aide humanitaire.

Un peu d'histoire


Le 26 septembre 1854, cinquante et un ans après son père, Isaac Louverture, fils de Toussaint, décédait au 44 de la rue Fondaudège à Bordeaux, suivi en 1871 par son épouse et cousine Louise (dite "Coco") Chancy. Il avait souhaité qu'après sa mort "les cendres des Louverture soient réunies au cimetière de la Chartreuse"à Bordeaux.

Son frère Saint-Jean était mort jeune en 1804 à Agen, lieu du mariage la même année d'Isaac et Louise et du décès en 1816 de leur mère, Suzanne Simon Baptiste, pendant que Placide-Séraphin-Clère, troisième frère, faisait souche non loin de là, à Astaffort, en y épousant en 1831 Joséphine de Lacaze, héritière du château du Parc.

L'étonnante et exemplaire histoire de l'exil de Saint-Domingue (actuelle République d'Haïti) et de l'accueil en Aquitaine de la famille du "Premier des Noirs" avait commencé en fait avec l'arrivée de ses membres en 1802 à Bayonne où ils reçurent un accueil si chaleureux et bienveillant, aussi bien des autorités que de la population, qu'il fut décidé de les éloigner de ce port par crainte de les voir bénéficier de complicités pour un retour dans leur pays.